Médecins de Montagne

Edité le 24/06/2019

Ski de fond

L'essentiel

Ski de fond

Parce qu'il sollicite tous les muscles, y compris le coeur de façon régulière et soutenue, le ski de fond représente un excellent exercice. Il peut être pratiqué tout au long de la vie. Les précautions sont les mêmes que pour le ski alpin en matière d'équipement. Il faut cependant prêter une attention particulière à la nutrition et à l'hydratation car les besoins énergétiques et les pertes en eau sont encore plus importants.
Pour éviter la tendinite, apprenez le bon geste et ne négligez pas l'échauffement en début de journée.

 

Les accidents de ski de fond représentent 0.7% du total des accidents de sports d'hiver en 2010-2011.

La pratique du ski de fond de compétition ou de loisir a vu se développer une pathologie traumatique spécifique, différente de celle du ski alpin et comportant deux volets :


1- La pathologie traumatique : Peu spécifique, elle se distingue par sa localisation essentielle au membre supérieur avec des fractures (1/3), des entorses ou luxations (1/3) et des contusions (1/3). Ces accidents s'expliquent par la difficulté de maîtriser vitesse et trajectoire ainsi que par les dangers naturels des bords de pistes (rochers, sapins ... ).


2-La pathologie microtraumatique : On constate un certain nombre de microtraumatismes spécifiques, liés à la technique du ski de fond et / ou au matériel utilisé.


Quelques aspects médicaux du ski de fond


L'évolution du matériel, fixations et chaussures, a très nettement diminué les problèmes de pied rencontrés auparavant, en particulier le surmenage de la MTPI.


La technique de patinage est à l'origine de pathologies nouvelles : le surmenage du plan interne, la surcharge du muscle tibial antérieur sont essentiellement des conséquences de problèmes d'équilibre dans le plan frontal et dans le plan sagittal. Un meilleur apprentissage de la technique de patinage devrait résoudre ces difficultés dans la plupart des cas. Il en est de même pour les technopathies localisées aux genoux, à la hanche, à la région lombaire et aux membres supérieurs.


A côté de l'apprentissage technique, les étirements musculaires sont essentiels. Le développement de la qualité d'élasticité musculaire favorise une meilleure efficience du geste et diminue son coût énergique, élément capital pour cette activité à haute exigence énergétique.

 

  • La technique classique


Dans la technique de base, "l'alternatif ", le ski est à plat dans un rail de neige préformé qui guide le pied dans sa course.

Ce pas provoque une flexion de l'articulation métatarsophalangienne du gros orteil (MTPI) nécessaire à la propulsion et générant sur cette articulation une force verticale importante (deux fois le poids du corps). La foulée nécessite une amplitude complète d'extension de hanche. Le ski est équipé d'un système antirecul (fart ou écailles).

Les autres pas de cette technique (pas tournants, pas de montée en canard, descente) nécessitent une bonne stabilité latérale et en torsion de la cheville et du pied.

 

  • La technique de patinage


Elle s'effectue skis à plat, sur un plan de neige lisse, avec une ouverture du ski plus ou moins prononcée en fonction de la pente, sans système antirecul. Elle nécessite un transfert complet du poids du corps d'un ski sur l'autre et impose un bloc pied-ski-chaussure.

 

  • Le matériel


L'évolution de la chaussure au fil des ans a conduit à la chaussure actuelle comportant une fixation articulée sur une barrette métallique à l'avant et une semelle rigidifiée : en classique la semelle est rigide à l'arrière au niveau du cambrion avec conservation d'une souplesse antérieure, en patinage les chaussures sont toujours montantes avec une semelle rigide et un axe de flexion-extension malléolaire.


Toutes les chaussures possèdent une rigidité en torsion et un bout antérieur large, haut et dur permettant une grande liberté de tous les orteils. Elles évitent les coutures du contrefort postérieur sur la ligne médiane. Le confort, la protection contre le froid et l'humidité sont privilégiés.


L'amélioration de la qualité et de la conception de la chaussure ont permis de voir décroître de nombreuses pathologies antérieurement rencontrées fréquemment. Malgré cette évolution quelques pathologies spécifiques sont encore rencontrées.


Auteur : Dr Patrick JOUBERT