Médecins de Montagne

Edité le 23/03/2019

Chaussures

Pieds et marche tout terrain


Tout pied mérite sa chaussure, le port de celle-ci doit toujours être une aide à la marche et non une contrainte. Dans le domaine de la randonnée, l'esthétisme passe obligatoirement au second plan.

 

1) Les besoins

La balade, la randonnée de loisir, la randonnée de plusieurs jours, la haute montagne et aussi la nouvelle marche " le raid aventure " sont des disciplines qui nécessitent chacune une paire de chaussure différente.

Ne pas oublier également le niveau technique du marcheur : plus celui-ci est élevé et plus le choix du chaussage sera une histoire de vécu et de compromis. Le novice, lui, doit obéir à des règles qu'il ne pourra transgresser qu'avec le temps.
Deux heures de marche par mois sur des chemins de plaine entretenus ne peuvent être comparées à six à huit heures quotidiennes de crapahu sur sentiers irréguliers avec des dénivelés importants et un sac à dos pesant plus de dix kilos.

Le choix doit donc se faire entre les sandales, les chaussures pour la balade ou randonnée-loisir, pour la grande randonnée, pour l'alpinisme, sans oublier les chaussures de raid. Pour cette discipline, on peut se renseigner auprès des vendeurs ou en consultant les catalogues spécialisés.
N'oubliez pas que vos chaussures, comme les pneumatiques de votre voiture ont un kilométrage limité et qu'il faut savoir les remplacer à temps.

 

2) Les contraintes

 

  • Le sexe et l'âge : les pieds sont souvent différents entre l'homme et la femme, c'est pourquoi les marques proposent des modèles masculins et féminins . De préférence commencer dans la gamme de son sexe. Toutefois les transgressions pour prendre son pied ne sont pas répréhensibles. L'âge est un facteur primordial : les contraintes, la façon de marcher et la physiologie de l'enfant sont totalement différentes de celles de l'adulte.
    Plus l'enfant est jeune et plus ces différences sont grandes, elles s'atténuent progressivement pour se confondre avec l'adulte après la puberté. Par ailleurs des problèmes spécifiques existent aussi avec le 3° ou 4° âge.

 

  • Individuelles : le matériel doit s'adapter selon la forme de son pied, voir du morphotype de ses membres inférieurs. Elles dépendent aussi des pathologies préexistantes, dyshidrose, eczéma, hallux valgus, myoaponévrose plantaire, ongles incarnés, tendance aux mycoses, diabète, artérite.

 

 

3) Le choix des chaussettes

Ne pas laisser de côté le choix des chaussettes, primordial dans le soin des pieds.

  • Il existe plusieurs types de chaussettes : simples avec ou sans semelle à bouclettes, doubles anti-ampoules et avec des variantes : adaptées au gore tex, antibactériennes, avec amortisseurs. Jamais de chaussettes trop serrées au-dessus de la cheville ce qui gênerait le retour veineux. Un interdit les chaussettes de ville.

 

  • Essayer les chaussures de préférence le soir quand les pieds sont le plus gonflés. Essayer les deux pieds car un des deux est plus fort, souvent le droit pour les droitiers et le gauche pour les gauchers . Ne pas hésiter à prendre une demi à une pointure de plus que sa pointure habituelle, et assez large pour éviter que les orteils comprimés ne se chevauchent.

 

  • Pour bien essayer, délacer la chaussure, placer le pied le plus en avant possible pour que les orteils touchent le bout à ce moment on doit pouvoir passer un doigt entre le talon et l'arrière de la chaussure. Taper le pied une ou deux fois et garder les chaussures au moins dix minutes. Il faut toutefois avoir un maintien suffisant du pied pour éviter les problèmes articulaires des membres inférieu
    Eviter les modèles pesant plus de deux kilos la paire.

 

4) La prévention

Le but est bien sûr d'avoir des pieds aussi intacts avant qu'après la marche. Une fois que nous avons la bonne chaussure, la chaussette adaptée au pied et à l'utilisation voulue, nous n'avons pas tout gagné.
Le pied doit être préparé à son confinement de plusieurs heures.

  • Ne pas trop se laver les pieds les jours précédant la marche, tout du moins ne pas les laisser tremper dans l'eau et ne pas utiliser de nettoyant agressif qui détruirait votre flore saprophyte, celle qui protège votre peau contre les microbes nocifs et les mycoses. On peut même utiliser des produits ou préparations, pour mieux "tanner" sa peau. Soit avec un citron coupé en deux, soit avec des préparations à base d'acide borique ou de crème de type NOK.

 

  • Laisser les pieds à l'air libre dès que possible. C'est pourquoi il me semble nécessaire d'avoir une paire de sandales de marche en nubuck (au niveau semelle plantaire) qui permettra dès l'arrivée de se changer. Si lors de votre parcours une journée semble facile et que les conditions atmosphériques s'y prêtent, n'hésitez pas à marcher en sandales et de préférence avec une paire de chaussettes simples et adhérentes, surtout pas de double épaisseur dans ce cas.

 

  • Essayer de mettre des chaussettes propres, sèches et changer de paire plusieurs fois dans la journée si nécessaire en faisant sécher la paire humide sur le sac à dos.

 

  • Le soir faire sécher les chaussures en les ouvrants largement et en enlevant les semelles intérieures. Il existe aussi des chauffe-chaussures électriques tenant peu de place et qui peuvent être utiles si toutefois vous passer dans des refuges ayant l'électricité.

 

  • Soins des ongles, ils doivent avoir été coupés avant le départ avec un coupe ongle et sans abîmer la peau. En cas de problème d'ongles incarnés récidivants, il faut avoir fait une cure chirurgicale au moins un mois avant le départ.

 

  • Protéger les proéminences : malléoles, tête 1° métatarsien (Hallux-valgus), avec de l'élastoplaste ou de la double peau en cas de rougeur cutanée.

 

5) Les principales pathologies


Nous ne citerons que les principales pathologies auxquelles vous pourrez-vous reporter sur des sites spécialisés ou des revues médicales.
- Périostites tibiales.
- Tendinopathies d'Achille, muscles longs de la cheville.
- Rupture tendon d'Achille.
- Entorses de la cheville et du pied.
- Cheville instable et/ou douloureuse.
- Fractures de fatigue.
- Fractures du pied ou de la cheville.
- Pathologie de croissance type maladie de Sever.
- Métatarsalgies non traumatiques : statiques, Morton, bursite, verrues.
- Aponévrosites plantaires.
- Mycoses : pied d'athlète.
- Hématomes sous-unguéaux.
- Dyshidrose et eczéma.
- Engelures.

Auteur : Dr Patrick JOUBERT