Médecins de Montagne

Edité le 20/12/2014

Le Mal des Montagnes

Pathologie d'altitude : le MAM


Mal Aïgu des Montagnes

MAM = ensemble de troubles qui surviennent 4 à 8 heures après l'arrivée en altitude et généralement au delà de 3500m.
Le MAM est la conséquence de l'hypoxie d'altitude, c'est à dire les conséquences du manque d'oxygène lié à la baisse de pression partielle d'oxygène.

Le MAM est caractérisé par un ensemble de troubles associant :

  • des maux de tête dans 100 % des cas
  • une insomnie dans 2/3 des cas
  • une perte d'appétit dans 1/3 des cas
  • des nausées dans 1/3 des cas

 

Le MAM peut s'accompagner d'œdème périphérique, gonflement localisés aux mains aux chevilles et au visage.
Elément caractéristique : le MAM disparaît à la descente à une altitude plus basse ou après un temps d'acclimatation à l'altitude ( 2 à 3 jours).
A plus haute altitude (à partir de 4000 m), le MAM peut se compliquer d'un œdème pulmonaire ou d'un œdème cérébral de haute altitude, qui sont presque toujours .fatals en absence de descente précoce et d'un traitement adéquat.


Comment éviter la survenue du MAM ?

Prévenir le MAM ou ses complications impose une acclimatation préalable.  Avant de passer une nuit en altitude, nous recommandons

  • de faire une ou deux incursions à 3000 m à l'occasion de randonnée
  • d'éviter tout effort intense au cours de la montée en refuge.
  • d'éviter toute prise de médicaments qui pourrait masquer les premiers symptômes du MAM.

Certaines personnes présentent une susceptibilité particulière à l'altitude qui se traduit par l'apparition précoce du MAM au dessus d'une altitude modérée (2 500 m). Ces personnes peuvent bénéficier d'une consultation de médecine de montagne et d'une prescription d'un traitement préventif (Diamox).

 

Comment traiter le MAM ?

Seule la descente à une altitude plus basse fera définitivement disparaître le MAM.
L'intensité de certains symptômes diminuent sous l'effet des médicaments mais leurs effets secondaires ne sont pas toujours compatibles avec une activité en montagne.

Certains refuges de haute altitude des alpes sont équipés d'un caisson hyperbare, dont la pression de 220 millibars correspond à une perte d'altitude d'environ 3 000 mètres. Le malade est placé dans ce sac étanche. Une pompe permet d'atteindre une pression de 220 millibars, pression limitée par l'ouverture de la soupape de sécurité. Huit coups de pompe par minute permettent de renouveler l'air dans le caisson et de laisser le malade pendant une à deux heures à l'intérieur. Toutefois, à la sortie du caisson, le bénéfice est de courte durée (quelques heures), délai utilisé pour perdre rapidement de l'altitude.

Auteur : Dr Jean-Pierre HERRY