Médecins de Montagne

Edité le 22/05/2019

Enfant

De 3 à 14 ans

Conseils généraux

Conseils pour l'hiver

 

Conseils généraux

L'essentiel

  1. Respecter les contre-indications (voir ci-dessous) aux séjours en altitude. Consulter votre médecin préalablement ou en cas de doute.
  2. Préparer attentivement son séjour en montagne :
    • choix de tenues vestimentaires adaptées aux conditions climatiques.
    • sélection d'écrans solaires (indice élevé, protégeant des UVB et hypoallergéniques) et port de verres de lunettes filtrants adaptés au spectre solaire en altitude (cf. rubrique " effets du soleil sur la peau et les yeux ")
    • Sports d'hiver : matériel correspondant au poids, à la taille et au niveau de pratique de l'enfant, réglages effectués par des professionnels. Ne pas oublier le casque.
  3. Observer les règles hygièno-diététiques élémentaires :

    • respect du sommeil et de phases journalières de repos
    • alimentation équilibrée : importance capitale du petit-déjeuner, proposer des barres de céréales ou énergétiques en cours de journée.
    • hydratation suffisante en tenant compte de l'effort et de la sudation.

 

Les enfants à risque

Avant d'envisager un séjour en moyenne ou haute (= 2000 m) montagne, il convient de s'enquérir d'un avis pour tous les enfants ayant des affections chroniques. Le séjour en altitude est contre-indiqué de principe et en absence d'avis médical, en cas :

  • d'affections cardiaques (principalement les cardiopathies congénitales)
  • de maladie chronique respiratoire susceptible de décompenser en altitude en raison de la diminution de la pression en oxygène
  • d'otites chroniques (ex : otites séro-muqueuses...)
  • de maladies du sang comme les anémies et la drépanocytose
  • d'affections psychiatriques non stabilisées par un traitement
  • de maladie osseuse "fragilisante" ou neuromusculaire (si la pratique de sports d'hiver est envisagée)

Par ailleurs une consultation est programmée avant le départ si l'enfant présente des otites récidivantes.
Un enfant diabétique doit adapter ses doses d'insuline à la dépense énergétique (effort, froid...)
L'asthme ne constitue en aucun cas une contre-indication à un séjour en montagne, un bénéfice est même à escompter.

=> voir aussi : les contre-indications

 

Quelles affections ou petits maux sont déclanchés ou aggravés par l'altitude ?

L'hygrométrie basse (corollaire de l'altitude et du froid) ainsi que l'effort en ambiance froide provoquent une sécheresse des muqueuses et peuvent déclencher une crise d'asthme chez un enfant déjà asthmatique (hyper réactivité bronchique).

 

Les variations amples d'altitude inhérentes à la pratique des sports d'hiver accroissent le risque d'otite moyenne, d'autant plus qu'il existe une infection rhino-pharyngée préexistante, une susceptibilité, des dénivelées rapides de plus de 500m. Ce risque est minoré par la réalisation de manœuvres de décompression comme le bâillement ou la déglutition. Il y a lieu de consulter rapidement si des douleurs auriculaires surviennent.

 

Les gelures sont fréquentes : elles siègent préférentiellement au visage (joues, oreilles, menton...), rarement aux fesses et cuisses et sont favorisées par l'humidité des vêtements ou du métal (fermetures à glissière) au contact de la peau. Les engelures (lésions violettes ou rouges qui démangent) affectent surtout les pieds au contact de chaussures trop serrées ou humides. Plus rarement un acro-syndrome (extrémités froides, douloureuses, violettes, rouges ou blanches) peut survenir chez les jeunes adolescentes, il est le plus souvent banal.

 

Le soleil va être responsable, principalement chez des enfants à phototypes clairs, de brûlures, de réactions photoallergiques ou phototoxiques surtout lors d'application de produits cosmétiques inadaptés. L'ophtalmie des neiges (kératite) est inéluctable si l'enfant omet le port de lunettes. De plus, le froid retarde l'apparition des symptômes de la kératite.

 

Les récurrences herpétiques (herpès labial essentiellement) probablement atténuées par l'application préventive de sticks labiaux d'écran protecteur.

 

L'œdème pulmonaire, susceptible de survenir chez un adulte même jeune et sain, n'a pas été décrit dans cette tranche d'âge. On se méfiera toutefois d'un enfant qui récupère mal de ses efforts, présente des difficultés ventilatoires, a un cœur trop rapide... car ces signes peuvent révéler une affection cardio-pulmonaire alors méconnue.


Conseils pour l'hiver

Comment minorer le risque traumatique ?

La vulnérabilité de l'enfant lors de la pratique des sports de montagne est majeure en cas de collision ou de chute à grande vitesse. Ce risque peut être minoré par :

  • le port d'un casque qui doit être systématique dans cette tranche d'âge (à défaut d'être obligatoire). Par contre concernant la pratique du snowboard, l'efficacité des protections de poignet n'a pas été démontrée de façon formelle.
  • le réglage du matériel (en particulier des fixations) par un professionnel en tenant compte des contraintes physiques propres à cet âge (un enfant n'est pas un adulte miniaturisé).
  • une pratique des sports d'hiver encadrée par des professionnels.
  • l'arrêt prématuré des activités si l'enfant est fatigué ou par grand froid.
  • l'abstention d'activités si l'enfant est fébrile ou malade.
  • l'observation des règles diététiques (petit déjeuner) et vestimentaires élémentaires.
  • l'éducation et l'application des règles de sécurité sur piste.

Des accidents graves surviennent le soir lors de la pratique de luge : il appartient aux parents de vérifier l'absence d'obstacles potentiels et de surveiller ces jeux.

Auteur : Dr Damien VENCHIARUTTI