Médecins de Montagne

Edité le 23/07/2019

Eviter les gelures

Si les gelures sont exceptionnelles, les manifestations localisées aux extrémités sont fréquentes. Elles imposent une hygiène de vie incitant à boire régulièrement, éliminant le tabac, le port des moufles et chaussettes ne retenant pas l'humidité, une protection de tout le corps contre le froid.

 

Les manifestations localisées aux extrémités exposées à une température supérieure à 0° ne ont que la conséquence d'un mauvais fonctionnement de la circulation sanguine périphérique.
A l'inverse, les gelures sont la conséquence du gel des tissus et de l'arrêt de la circulation.

 

Cas rares : la gelure

Cas courant : l'onglée

Syndrome de raynaud et lésions

 

Cas rares : la gelure

Les gelures n'apparaissent qu'après une exposition de plusieurs heures à des conditions hivernales rigoureuses.

La reconnaitre

Elle s'installe d'une manière insidieuse à la suite d'une exposition de plusieurs heures à un froid vif (nettement inférieur à 0°C). La perte de sensibilité, l'aspect blanc des extrémités sont les seules sonnettes d'alarme, encore faut-il enlever gants et chaussettes pour s'en rende compte. Sur le visage, la gelure apparaît sous forme de taches blanches qui disparaissent rapidement en se couvrant d'un foulard ou d'une cagoule.

L'étendue et la gravité de la gelure est impossible à connaître avant le réchauffement.
En montagne, celui-ci ne peut être entrepris que dans un lieu protégé où l'évacuation pourra être organisée.

La réchauffer

Ce réchauffement doit toujours être rapide et complet, en plongeant l'extrémité gelée dans de l'eau tiède (38°C). La survenue d'une douleur aiguë est rassurante car la sensibilité conservée est le témoin d'une lésion superficielle : il est donc inutile de poursuivre ce réchauffement. A l'inverse, l'anesthésie persistante nécessite de poursuivre le réchauffement dans le bains tempéré 20 à 30 minutes. Les grosses " cloques " qui vont apparaître dans les heures qui suivent, témoigne de la gravité de la gelure et nécessite des soins spécialisés.

 

Cas courants : L'onglée

Sous l'action du froid, les doigts deviennent blancs, avec une sensation de doigts engourdis, de " doigts morts ". L'onglée s'installe sournoisement sans douleur. La phase de réchauffement est très douloureuse, elle s'accompagne de nausées. Les doigts retrouvent progressivement une coloration qui passe du bleu au rouge.
Après le réchauffement, le sujet éprouve une agréable sensation de chaleur et malgré le froid persistant, les extrémités semblent protégées d'une nouvelle onglée.
"L'onglée du matin " de l'alpiniste, une fois réchauffée, lui permet de grimper à mains nues.


Accélérer le réchauffement des extrémités

Les petits moyens sont peu efficaces :

  • grands mouvements de rotation des bras, petits coups répétés donnés sur le genou.
  • Placer les mains au chaud sur le ventre, sous les aisselles.
  • Desserrer les chaussures, remplacer les gants par des moufles.


Il vaut mieux chercher à augmenter la production de chaleur corporelle par l'activité physique : marche accélérée, course.

Eviter l'onglée en ski

  • En évitant le contact prolongé avec des objets métalliques (perche de téléski - garde corps de télésiège, skis).
  • En évitant la pénétration de neige dans les gants et les chaussures, par des vêtements recouvrant.
  • En évitant de fumer lorsqu'on est exposé au froid.
  • En maintenant les mains en position basse.


Eviter l'onglée en montagne

  • En maintenant une bonne hydratation qui rend le sang plus " fluide ".
  • Par un équipement adapté ne retenant pas l'humidité, sans striction près des extrémités.
  • Par des crèmes protectrices du froid étalées sur les extrémités.
  • En plaçant une chaufferette à l'intérieur du gant.

 

Syndrome de raynaud et lésions

Onglées répétées : le syndrome de Raynaud

Le syndrome de Raynaud est fréquent (10 % de la population) avec une nette prévalence chez la femme.
Il se traduit par des onglées répétées, déclenchées par un froid peu intense. Le plus souvent, le froid de l'une des extrémités déclenche un syndrome de Raynaud . En protégeant particulièrement cette extrémité, on peut ainsi éviter ces " crises " douloureuses.
Il peut imposer un traitement de fond pour limiter l'importance et la fréquence des manifestations.

Les lésions superficielles de la peau

Le froid provoque un dessèchement de la peau responsable de la formation de gerçures ou de fissurations. Une démangeaison accompagne souvent ces lésions.


Ces gerçures et fissurations persistent tant que demeure l'exposition au froid et sont souvent aggravées par l'immersion des extrémités dans l'eau.

Auteur : Dr Jean-Pierre HERRY