Médecins de Montagne

Edité le 17/05/2012

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Risque Prion


Le " risque-prion " existe-t-il vraiment en médecine générale ?


La réalité de la transmission iatrogène de la maladie de Creutzfeld-Jakob n'a été prouvée que pour les injections d'hormone de croissance d'origine cadavérique, l'utilisation de dure-mère lyophilisée en neuro-chirurgie ou les transplantations de cornée. Il n'existe à ce jour aucune preuve de la réalité d'une transmission par des instruments chirurgicaux mal décontaminés ayant été utilisés chez des porteurs asymptomatiques de prions. Il n'y a que des présomptions concernant un risque théorique.


Les britanniques ont publié un tableau de présomption d'infectiosité des différents tissus établi à partir d'un modèle mathématique théorique fondé sur une série de suppositions, en particulier qu'il y a eu environ 60.000 personnes infectées entre 1985 et 1995. On y distingue les tissus à risque d'infectiosité élevé (système nerveux central, chambre postérieure de l'œil), à risque d'infectiosité moyen (tissus lymphoïdes : amygdales, végétations adénoïdes, ganglions lymphatiques), et à risque très faible voire nul (tous les autres). Les actes de chirurgie tégumentaire ou des extrémités pratiqués au cabinet du généraliste ne mettent jamais en contact les instruments avec les tissus à risque élevé ou moyen.


Le Royaume-Uni a été le pays d'Europe le plus touché par l'épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et celui qui présente le plus grand nombre de cas avérés de nvCJD (environ 90 cas cumulés fin 2001). La France a été beaucoup moins touchée par l'ESB et ne compte à ce jour que 4 cas avérés de personnes atteintes de nvCJD. A partir de ces données on peut estimer que le risque de contamination iatrogène par instrumentation chirurgicale en France est infiniment plus réduit qu'au Royaume Uni après chirurgie du SNC, très faible après amygdalectomie, adénoïdectomie et chirurgie des ganglions lymphatiques, et inexistant pour la chirurgie des autres tissus.