Médecins de Montagne

Edité le 10/09/2010

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Enfant


De 3 à 14 ans


Enfant


NOS CONSEILS

1) Respecter les contre-indications aux séjours en altitude. Consulter votre médecin préalablement ou en cas de doute.
2) Préparer attentivement son séjour en montagne :
- choix de tenues vestimentaires adaptées aux conditions climatiques.
- sélection d'écrans solaires (indice élevé, protégeant des UVB et hypoallergéniques) et port de verres de lunettes filtrants adaptés au spectre solaire en altitude (cf. rubrique " effets du soleil sur la peau et les yeux ")
- matériel correspondant au poids, à la taille et au niveau de pratique de l'enfant, réglages effectués par des professionnels. Ne pas oublier le casque.
3) Observer les règles hygièno-diététiques élémentaires :
- respect du sommeil et de phases journalières de repos
- alimentation équilibrée : importance capitale du petit-déjeuner, proposer des barres de céréales ou énergétiques en cours de journée.
- hydratation suffisante en tenant compte de l'effort et de la sudation. 


 

Qui sont les enfants à risques ?


Avant d'envisager un séjour en moyenne ou haute (= 2000 m) montagne, il convient de s'enquérir d'un avis pour tous les enfants ayant des affections chroniques. Le séjour en altitude est contre-indiqué de principe et en absence d'avis médical, en cas :

  • d'affections cardiaques (principalement les cardiopathies congénitales)
  • de maladie chronique respiratoire susceptible de décompenser en altitude en raison de la diminution de la pression en oxygène
  • d'otites chroniques (ex : otites séro-muqueuses...)
  • de maladies du sang comme les anémies et la drépanocytose
  • d'affections psychiatriques non stabilisées par un traitement
  • de maladie osseuse "fragilisante" ou neuromusculaire (si la pratique de sports d'hiver est envisagée)

Par ailleurs une consultation est programmée avant le départ si l'enfant présente des otites récidivantes.
Un enfant diabétique doit adapter ses doses d'insuline à la dépense énergétique (effort, froid...)
L'asthme ne constitue en aucun cas une contre-indication à un séjour en montagne, un bénéfice est même à escompter.

=> voir aussi : les contre-indications


Quelles affections ou petits maux sont déclanchés ou aggravés par l'altitude ?


L'hygrométrie basse (corollaire de l'altitude et du froid) ainsi que l'effort en ambiance froide provoquent une sécheresse des muqueuses et peuvent déclencher une crise d'asthme chez un enfant déjà asthmatique (hyper réactivité bronchique).

Les variations amples d'altitude inhérentes à la pratique des sports d'hiver accroissent le risque d'otite moyenne, et ce ; d'autant plus qu'il existe une infection rhino-pharyngée préexistante, une susceptibilité, des dénivelées rapides de plus de 500m. Ce risque est minoré par la réalisation de manœuvres de décompression comme le bâillement ou la déglutition. Il y lieu de consulter rapidement si des douleurs auriculaires surviennent.

Les gelures sont fréquentes : elles siègent préférentiellement au visage (joues, oreilles, menton...), rarement aux fesses et cuisses et sont favorisées par l'humidité des vêtements ou du métal (fermetures à glissière) au contact de la peau. Les engelures (lésions violettes ou rouges qui démangent) affectent surtout les pieds au contact de chaussures trop serrées ou humides. Plus rarement un acro-syndrome (extrémités froides, douloureuses, violettes, rouges ou blanches) peut survenir chez les jeunes adolescentes, il est le plus souvent banal.

Le soleil va être responsable, principalement chez des enfants à phototypes clairs, de brûlures, de réactions photoallergiques ou phototoxiques surtout lors d'application de produits cosmétiques inadaptés. L'ophtalmie des neiges (kératite) est inéluctable si l'enfant omet le port de lunettes. De plus, le froid retarde l'apparition des symptômes de la kératite.

L'enfant aussi est exposé aux récurrences herpétiques (herpès labial essentiellement) probablement atténuées par l'application préventive de sticks labiaux d'écran protecteur.

Contrairement au nourrisson et au jeune enfant, l'enfant de 3 à 12 ans ne se plaint ni de troubles du sommeil (réveils fréquents) ni de troubles digestifs.

L'œdème pulmonaire, susceptible de survenir chez un adulte même jeune et sain, n'a pas été décrit dans cette tranche d'âge. On se méfiera toutefois d'un enfant qui récupère mal de ses efforts, présente des difficultés ventilatoires, a un cœur trop rapide... car ces signes peuvent révéler une affection cardio-pulmonaire alors méconnue.


Comment minorer le risque traumatique ?


La vulnérabilité de l'enfant lors de la pratique des sports de montagne est majeure en cas de collision ou de chute à grande vitesse. Ce risque peut être minoré par :

  • le port d'un casque qui doit être systématique dans cette tranche d'âge (à défaut d'être obligatoire). Par contre concernant la pratique du snowboard, l'efficacité des protections de poignet n'a pas été démontrée de façon formelle.
  • le réglage du matériel (en particulier des fixations) par un professionnel en tenant compte des contraintes physiques propres à cet âge (un enfant n'est pas un adulte miniaturisé).
  • une pratique des sports d'hiver encadrée par des professionnels.
  • l'arrêt prématuré des activités si l'enfant est fatigué ou par grand froid.
  • l'abstention d'activités si l'enfant est fébrile ou malade.
  • l'observation des règles diététiques (petit déjeuner) et vestimentaires élémentaires.
  • l'éducation et l'application des règles de sécurité sur piste.

Des accidents graves surviennent le soir lors de la pratique de luge : il appartient aux parents de vérifier l'absence d'obstacles potentiels et de surveiller ces jeux.

Auteur : Dr Damien VENCHIARUTTI

  
L'ailmentation de l'enfant : spécificités


L'enfant n'est pas un adulte en miniature, il existe des spécificités médicales et physiologiques ayant une grande importance lors de l'activité sportive, lors de son exposition dans un milieu " hostile " dont il faut tenir compte pour choisir au mieux son alimentation.


L'enfant pré pubère (avant 11 à 12 ans)


Chez l'enfant pré pubère, les difficultés rencontrées seront dominées par l'existence, normale à cet age, de NEOPHOBIES ALIMENTAIRES.
Il s'agit en fait d'une aversion pour tout ce qui est nouveau et qui est, à priori, repoussé.
Il faut donc reproduire le plus fidèlement possible le schéma alimentaire habituel (cantine ou maison) et cela amène à emporter certains aliments que l'on ne retrouvera pas forcément sur place. Il est surprenant de constater à quel point un enfant semble faire une différence majeure entre deux produits (de marque différente) alors qu'ils nous semblent parfaitement similaires ...
Par contre, certains aliments très différents de ce qui est habituel ou pris à des moments de la journée " iconoclastes " peuvent plaire à l'enfant. Pourquoi ne pas en profiter ? ?


Il faut également respecter les BIORYTHMES auxquels l'enfant est habitué :
- Heure du réveil
- Petit déjeuner
- Heure du repas " de midi " qui ne peut, sans risque, être décalé à 14 heures, même si "la neige est tellement bonne qu'on en profite avant de s'arrêter manger".
- Goûter, qui revêt une réelle importance et qui ne peut être supprimé.
- Repas du soir pris vers 19 heures.
- Coucher tôt qui permet les 11 heures de sommeil minimum.


Ce rythme n'est pas forcément en accord avec celui d'adultes en vacances...


Il faut également respecter, à cet âge, la structure et le déroulement des repas, ce qui ne tolère pas forcément l'improvisation de dernière minute dans le choix du restaurant.
Selon la diversité alimentaire proposée depuis la petite enfance, l'enfant sera plus ou moins apte à s'adapter à des conditions nouvelles.


L'adolescent (entre 11 et 18 ans)


Chez l'adolescent, les difficultés sont d'une autre nature, surtout sur le plan psychologique. Elles vont dépendre du degré d'autonomie habituel de l'adolescent au sein de sa famille. Elles seront différentes selon qu'il s'agit de vraies "vacances en famille" ou si le séjour aux sports d'hiver est l'occasion pour les adolescents de passer 8 jours entre copains".

Particularités physiologiques :


  • Le corps de l'enfant est en pleine croissance et très exigeant en matière d'alimentation, surtout en quantité. Le métabolisme de base (les dépenses "standard") de l'enfant et encore plus de l'adolescent est plus élevé que celui de l'adulte. Par ailleurs, quelques heures dans le froid à traîner ses skis est très demandeur de calories, beaucoup plus que ce qu'un adulte peut imaginer.
  • L'hydratation des tissus est meilleure chez le jeune ; leur récupération est meilleure ; il y aura donc - paradoxalement - une meilleure tolérance aux erreurs ou aux déficits d'apports hydriques.

Particularités psychiques :


  • L'enfant a un grand sens de la dissimulation ou de l 'exagération. Il peut facilement se faire oublier même s'il a très faim et qu'il se trouve proche du malaise hypoglycémique, ce qui, aux sports d'hiver, se traduit souvent par un accident. Il peut, au contraire, et suivant son humeur, gâcher le milieu de l'après midi en simulant une fringale ou une fatigue excessive. Les parents doivent donc être vigilants et veiller à faire respecter les horaires habituels. Il faut savoir " ne pas attendre un pleur " mais aussi savoir " ne pas écouter une plainte ". Tout est affaire de nuances.
  • L'enfant et plus encore l'adolescent sont influençables, dans le bon ou le mauvais sens. Il y a un rejet ou, au contraire, une attirance, pour tout ce qui est différent. L'enfant manque de personnalité, est immature, ce qui entraîne des phénomènes d'imitation parfois préjudiciables. Il faut savoir en jouer pour l'amener vers ce que l'on souhaite. C'est le rôle du leader du groupe.


Les conditions de restauration en station sont elles adaptées ? Comment se débrouiller sur place ?


- Pour le repas de midi : restaurant d'altitude.
Si l'on tient compte du manque de variété des plats proposés en restauration d'altitude, on a beaucoup de mal (en dehors de quelques lieux privilégiés dont on garde tous le souvenir ému) à éviter le " traditionnel " saucisse frites ou steak frites et mousse au chocolat industrielle en dessert.
Heureusement ou malheureusement cela rejoint souvent les goûts de l'enfant et évite le risque de néophobie, au détriment de l'équilibre nutritionnel.
On peut toujours tenter de proposer quelque chose de beaucoup plus " correct " à type de crudités / pâtes / jus de fruits.


- Pour le Petit Déjeuner et le goûter.
Rien ne vaut la préparation " maison " qui permet d'offrir à l'enfant la marque de céréales à laquelle il est habitué (et que l'on aura pensé à emporter) ou telle ou telle pâte à tartiner qui fait leur régal au goûter.
Il faut espérer, mais seule une longue habitude peut le faire accepter, qu'il y aura une place pour des fruits et des laitages non sucrés et peu riches en graisses.
Au total, pour ces deux vrais repas, le mieux est d'être en location, ce qui permet, à moindre tracas, une cuisine élémentaire pour faire face aux exigences et aux besoins de l'enfant.
Pris deux ou trois heures avant le ski, le petit-déjeuner de l'enfant doit être un véritable repas comportant : un bol de lait ou de chocolat, des fruit ou un grand verre de jus de fruits, de>s céréales et des tartines.
Glissez des barres de chocolat, pâtes de fruit dans les poches de l'enfant pour manger sur les pistes. Faites boire l'enfant souvent surtout s'il fait grand soleil. La faim et la déshydratation entraînent souvent la fatigue et les accidents.


- Pour le repas du soir.
On peut tout à fait trouver en station des restaurants servant des repas pour enfants relativement équilibrés où place est faite au poisson, aux pâtes ou au riz (en alternative du jambon - purée ou du steak haché - frites). Il faut profiter de ce que les pâtes et le riz, ainsi que les pommes de terre sont en général bien acceptés par les enfants et qu'ils sont des plats tout à fait acceptables sur le plan nutritionnel. Bien sur, on peut espérer une alimentation plus équilibrée mais une semaine de ce régime permettra à l'enfant de faire face à une demande énergétique importante, sans risque de carences.

Auteur : Dr Alain PUIG