Médecins de Montagne

Edité le 16/05/2008

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L'hypothermie


= Baisse de la température du corps en dessous de 35°C. En pratique, il est impossible de connaître la température, les thermomètres courant étant gradué à partir de 36,5°C.


L'hypothermie n'apparaît que chez des sujets immobilisés dans un environnement froid. Cette hypothermie est souvent aggravée par des lésions qui ne sont pas toujours apparentes. Il est souhaitable que la prise en charge de tels blessés soit réalisée par des secouristes avertis et si possible en présence d'un médecin.

 
L'hypothermie, définie par la baisse de la température du corps, passe le plus souvent inaperçue. L'hypothermie complique tous les incidents qui surviennent au cours d'activités se déroulant dans un environnement froid.
L'hypothermie légère est rapidement réversible.
A l'inverse, l'hypothermie majeure ou la mort blanche (= La Baisse de la température du corps (au dessous de 24 à 26°C) s'accompagne d'un ralentissement du rythme cardiaque qui précède l'arrêt. On parle de mort blanche. Il est possible de réactiver le cœur en le réchauffant et ainsi de réanimer la personne en état de décès) a toujours fasciné les esprits, car c'est un rare cas où la mort peut être réversible . Ainsi, le corps d'un marin tombé dans la mer sera toujours réchauffé à température ambiante avant de confirmer le décès.

Une personne valide lutte contre le froid par des mécanismes de défense qui visent à limiter les pertes de chaleur et à augmenter la production de calories. Lorsque ces mécanismes sont dépassés (épuisement) ou rendus inefficaces à la suite d'un traumatisme grave, l'hypothermie s'installe rapidement.

L'hypothermie est toujours la conséquence d'une immobilisation forcée dans un environnement froid, suite à une immersion dans de l'eau glacée (hypothermie aiguë), à un accident ou un épuisement (hypothermie subaiguë), à une avalanche (hypothermie asphyxique).



Comment reconnaître le refroidissement d'un randonneur (hypothermie modérée) ?


Il est fatigué, il a froid, il se sent engourdi.
Il ne cherche pas à se protéger du froid, car il n'a pas la volonté de changer ses vêtements humides, de s'alimenter.
Il est pâle, il a la chaire de poule, il frissonne un peu.

Si le groupe ne se préoccupe pas de lui, il prend du retard, il trébuche à plusieurs reprises.
Quand on le questionne, il parle difficilement et n'est guère compréhensible. Il peut s'emporter, refuser de continuer et s'isoler encore plus du groupe.

Les arrêts se multiplient et il n'éprouve plus l'envie de poursuivre. Il peut tomber dans un " état second " où il ne ressent plus le froid . Il délire avant de tomber dans le coma.  Les frissons ont disparu.

 


Comment reconnaître une personne en état d'hypothermie profonde ?


Cette personne est découverte est dans un état d'inconscience plus ou moins prononcé.
Le faciès est figé, d'une pâleur impressionnante, les membres ont perdu leur souplesse une raideur musculaire.
La respiration et le pouls sont très ralentis.
Face à ce type de découverte, pour éviter un arrêt cardiaque irréversible, la conduite à tenir doit être extrêmement prudente :

  • Interdire le réchauffement brutal (transport dans une pièce surchauffée ou pire bain chaud)
  • Eviter un refroidissement supplémentaire (protéger contre le vent, isoler du sol)
  • Eviter tous les déplacements brutaux, toutes les modifications de la position initiale du corps
  • A ce stade, il est préférable de retarder l'évacuation en attendant l'arrivée et la prise en charge de secouristes qui pourront faire face à la survenue de complications.

L'enfant est moins résistant au froid que l'adulte


Le rapport surface corporelle/poids de l'enfant étant élevé, le corps d'un enfant se refroidit plus vite que celui d'un adulte.
L'enfant qui joue est sans cesse en activité et donc produit suffisamment d'énergie pour lutter contre le refroidissement. Par contre ses réserves notamment en glucides s'épuisent plus rapidement, ce qui explique la rapidité de l'installation de l'hypothermie chez les jeunes enfants. Il est donc souhaitable de surveiller les enfants qui jouent dans le froid et de leur proposer des apports réguliers en boissons et aliments riches en énergie.


Auteur : Dr Jean-Pierre HERRY