Médecins de Montagne

Edité le 06/02/2012

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Enfant


De 4 à 14 ans


Les enfants à risques


Avant d'envisager un séjour en moyenne ou haute (=2000m) montagne, il convient de s'enquérir d'un avis pour tous les enfants ayant des affections chroniques. Le séjour en altitude est contre-indiqué de principe et en absence d'avis médical, en cas :
- d'affections cardiaques (principalement les cardiopathies congénitales)
- de maladie chronique respiratoire susceptible de décompenser en altitude en raison de la diminution de la pression en oxygène
- d'otites chroniques (ex : otites séro-muqueuses ...)
- de maladies du sang comme les anémies et la drépanocytose
- d'affections psychiatriques non stabilisées par un traitement
- de maladie osseuse "fragilisante" ou neuromusculaire (si la pratique de sports d'hiver est envisagée)

Par ailleurs une consultation est programmée avant le départ si l' enfant présente des otites récidivantes.
Un enfant diabétique doit adapter ses doses d'insuline à la dépense énergétique (effort, froid...).
L'asthme ne constitue en aucun cas une contre-indication à un séjour en montagne, un bénéfice est même à escompter.


Quelles affections ou petits maux sont déclanchés ou aggravés par l'altitude ?

L'hygrométrie basse (corollaire de l'altitude et du froid) ainsi que l'effort en ambiance froide provoquent une sécheresse des muqueuses et peuvent déclencher une crise d'asthme chez un enfant déjà asthmatique (hyper réactivité bronchique).

Les variations amples d'altitude inhérentes à la pratique des sports d'hiver accroissent le risque d'otite moyenne, et ce ; d'autant plus qu'il existe une infection rhino-pharyngée préexistante, une susceptibilité, des dénivelées rapides de plus de 500m. Ce risque est minoré par la réalisation de manœuvres de décompression comme le bâillement ou la déglutition. Il y lieu de consulter rapidement si des douleurs auriculaires surviennent.

Le soleil va être responsable, principalement chez des enfants à phototypes clairs, de brûlures, de réactions photoallergiques ou phototoxiques surtout lors d'application de produits cosmétiques inadaptés.

L'enfant aussi est exposé aux récurrences herpétiques (herpès labial essentiellement) probablement atténuées par l'application préventive de sticks labiaux d'écran protecteur.

Contrairement au nourrisson et au jeune enfant, l'enfant de 3 à 12 ans ne se plaint ni de troubles du sommeil (réveils fréquents) ni de troubles digestifs.

L'œdème pulmonaire, susceptible de survenir chez un adulte même jeune et sain, n'a pas été décrit dans cette tranche d'âge. On se méfiera toutefois d'un enfant qui récupère mal de ses efforts, présente des difficultés ventilatoires, a un cœur trop rapide... car ces signes peuvent révéler une affection cardio-pulmonaire alors méconnue.

Auteur : Dr Damien VENCHIARUTTI