Edité le 11/09/2010
Les sports d'hiver créent chaque année en montagne une situation de crise avec un afflux brutal de population et une augmentation très importante du nombre de blessés et d'urgences graves.
La densité médicale est de 1 médecin généraliste pour 5 200 habitants, soit 19 MG pour 100 000 habitants. Rappel : en France 1 MG/600 habitants = 328 MG/100 000 hab.
L'essentiel (99%) de ces blessés et cas urgents sont pris en charge en premier lieu par les cabinets médicaux de station - 25% leur sont amenés par les services de secours - seulement 4% sont finalement hospitalisés.
La pratique des sports d'hiver est pourvoyeuse d'un grand nombre d'accidents : pour les seules Alpes du Nord environ 120.000 accidents en 3 mois d'hiver ; la population passe d'un seul coup de 100.000 habitants permanents à 1 million d'habitants. Le nombre d'accidents de ski à prendre en charge est de plus de 50.000 en 3 mois soit près de 600 blessés chaque jour, avec un pic en février (25.000 blessés soit 900 chaque jour pour les seuls hôpitaux de Bourg St Maurice et Moûtiers !)
essentiellement de la traumatologie environ 20% de fractures (poignet, jambe, épaule) ; 40% d'entorses dont la moitié sont des entorses graves du genou avec un pronostic fonctionnel réservé ; 8% de plaies ; 4% de luxations ; 2% de traumatismes crâniens. Les blessures sont : - 14% de " lésions-danger " (tête, rachis, fémur, abdomen) - 15% de fractures déplacées, de luxations, de plaies - 50% de fractures non déplacées et d'entorses - 20% de lésions bénignes
Les urgences graves sont essentiellement représentées par : infarctus du myocarde, embolie pulmonaire, hémorragie cérébroméningée, asthme grave, crise d'épilepsie, urgences obstétricales, plus rares mais nécessitant une prise en charge adaptée rapide.
Le médecin de station joue souvent déjà le rôle de centre avancé de tri et de premier secours, en orientant immédiatement soit vers un retour au domicile, soit vers un rapatriement (hospitalisation en urgence différée proche du domicile habituel), soit vers une hospitalisation immédiate dans l'hôpital de secteur, permettant ainsi à ceux-ci de jouer pleinement leur rôle de recours pour les urgences graves sans être engorgés.
Les hôpitaux de secteur et les SMUR sont situés entre 30 et 40 km des stations, soit 45 minutes au moins (parfois beaucoup plus en cas de neige).
Le secteur public hospitalier de montagne ne peut pas faire face seul à cette situation de crise ; il est déjà à la limite de la rupture de charge ; entre autres raisons par manque de capacités d'adaptation rapide des effectifs en personnel.
Le niveau de gravité et la qualité de la prise en charge des urgences traitées en station, sont variables selon les investissements réalisés par chaque médecin et selon le niveau de coordination avec les services d'urgence de l'hôpital de secteur. Il faut donc permettre aux médecins libéraux qui le souhaitent de participer dans les meilleures conditions possibles à l'optimisation de la prise en charge des urgences graves, en coordination avec le service public.